VENARD DE CERISY cheval Olympique de Steve GUERDAT ?

14.02.2019

Laurent VINCENT nous évoque le début de la carrière de ce cheval, exceptionnel sur les parcours de "160".....1° à St GAL, 1° à CALGARY, 4° à DUBLIN, que des 5***** s'il vous plait !!!

Laurent, associé historique des ventes NASH est un des piliers de l'élevage normand, l'éperon.fr fait un excellent article sur un cheval de sa production "Venard de Cerisy" remerciements à notre amie Emilie LEGUIEL.

 

Les parcours des cracks des compétitions 5* ne sont pas toujours tous tracés à l’avance…Si certains empruntent la « voie royale » en suivant le parcours classique, d’autres utilisent parfois des chemins plus sinueux vers le haut niveau. Venard de Cerisy SF, le nouvel espoir du Suisse Steve Guerdat est de ceux-là… Il porte bien son nom (prononcez « veinard »), lui qui doit sa belle destinée à quelques « anges gardiens ». L’histoire mérite d’être racontée, celle d’un cheval qui a failli passer à côté de sa carrière et a eu mille vies avant de trouver sa voie ; mais aussi celle d’une belle d’amitié entre tous les protagonistes.

MAIS QUE VA-T-ON FAIRE DE LUI ?

Laurent Vincent, son éleveur, est une figure bien connue et ô combien sympathique de la Manche. Cavalier professionnel, à l’instar de son frère Emmanuel, il a arrêté la compétition il y a 10 ans. A 55 ans, il est désormais agriculteur à Cerisy-la-Forêt et élève sous l’affixe de Cerisy qui compte près de dix poulinières. Son travail s’appuie sur les souches de Jules Mesnildrey, le naisseur de Diamant de Semilly et Le Tôt de Semilly. Il peut ainsi compter sur la bonne Lady de Semilly SF (Quick Star SF x Double Espoir SF), ISO 163 en GP Pro1 avec Thomas Rousseau. Laurent fait partie des membres fondateurs de l’agence de ventes aux enchères de chevaux de sport NASH, que préside Alain Hinard.

La grand-mère de Venard, Kaline de Cavilly SF (Siego AA) était née chez Louis Clérot (50). « Je l’avais faite acheter à NASH à des propriétaires, qui me l’avait laissée au travail » explique Laurent Vincent. « J’ai valorisé la jument en concours à 4 et 5 ans (qualifiée pour les Finales, ISO 123, ndlr). Elle s’est ensuite blessée au suspenseur à la Finale des 5 ans. J’ai souhaité la racheter pour la conserver comme poulinière ». Kaline n’avait peut-être pas des moyens énormes aux dires de son ancien cavalier, mais c’était « une super jument de concours ». « A l’époque, je me lançais dans l’élevage avec 2-3 poulinières de mes parents » continue Laurent, « Jacky Misteli (juge Selle Français et marchand renommé, ndlr) m’avait donné une saillie de son étalon Djalisco du Guet SF, que j’ai utilisée sur Kaline et Rosée, la mère de Venard, est ainsi le premier produit qu’elle m’a donnée ! ».

Hélas, Rosée se fracture le jarret à 2 ans lors d’un transport en camion. Jument délicate, elle présentait toutefois de la qualité, ce qui décide Laurent à la mettre à la reproduction. Comme Kaline, sa mère, fortement imprégnée de sang anglo-arabe, avait tout le style et tout le respect de la barre, le croisement avec Diamant de Semilly semblait tout indiqué pour ramener de la force. Son choix se porte alors sur Open Up Semilly SF (Diamant x Arpère Pierreville SF), et ainsi naît Venard de Cerisy en juillet 2009. Dans la foulée, Open Up se classe 13e du Championnat des 7 ans, avant de faire carrière en Grand Prix avec Florian Angot, ISO 162.Avec ce même Open Up, Kaline lui lèguera le bon Uno de Cerisy SF, ISO 145 en GP Grand National avec Guillaume Blin-Lebreton, récent 5e du GP CSI** de Saint-Lô – AEC.

Venard se montrait tellement compliqué que Rosée est ensuite utilisée un an comme porteuse avant de rejoindre le Cantal à la faveur d’un arrangement avec Laurent Vieyres, près d’Aurillac. Elle n’aura par la suite que deux produits : Diapason de Bex SF (Galopin du Biolay SF) et Empereur de Bex SF (Kildare du Carel SF) pour le compte de Gérard Brunhes, à qui elle a été cédée comme jument de balade. Laurent Vincent essayera par la suite de la racheter, en vain.

Que faire alors de ce grand hongre d’1m75 ? Le cheval saute, c’est une certitude, « on ne voyait qu’une chose, c’étaient ses moyens » raconte Laurent, tant et si bien qu’il envisage un temps de l’inscrire aux ventes NASH à 3 ans. Mais renonce. Par son physique et son mental, le cheval s’annonce tardif. Il quitte plusieurs fois les écuries, traverse la France deux fois, mais les tentatives de débourrage s’avèrent vaines et il est renvoyé à chaque fois à son éleveur. Venard repart alors grandir en pâtures et sert même pour les poulains lors des sevrages.

C’est dans cet environnement que Stéphanie Lecussant le découvre en 2014 : le cheval a alors 5 ans. Stéphanie, monitrice de formation, est à cette époque locataire chez Laurent d’un logement (l’ancienne maison de Jules Mesnildrey !) et est en quête de bonnes poulinières. Au milieu des mères, Stéphanie découvre un très grand cheval, beaucoup plus grand que les autres. « Le parcours du cheval jusque-là avait été pour le moins compliqué. Laurent ne m’en a rien caché » explique Stéphanie, « on pense qu’il a été débourré avec un mannequin sur le dos, et que c’est ce qui l’a rendu difficile au montoir. Venard est également tombé dans une écurie qui a fait faillite, et a fait l’objet d’une saisie. Le cheval serait donc passé plusieurs mois enfermé dans un boxe. Malgré tout, Laurent y croyait dur comme fer. Quand un Normand dit qu’un cheval saute, généralement, il n’exagère pas, j’ai donc choisi de tenter le pari et Laurent m’a dit : « tu le prends, tu en fais ce que tu en veux ! » ». Les cavaliers locaux ne se montrent pas intéressés, mais Stéphanie possède un bon réseau et le fait acheter un petit prix à son amie Marion Brousse, sans même qu’elle ne l’ait vu. Le cheval prend la route de Saint-Orens-de-Gameville, à 800km de sa Manche natale.

La suite de l'histoire de Venard de Cerisy, que le champion olympique Steve Guerdat considère comme un futur espoir pour les plus belles échéances, est retrouver demain sur leperon.fr